Elle pouvait rester une vie entière à l'observer, le scrupter des yeux comme personne. Il était grand, beau, mince, tantôt blond, tantôt roux, ses yeux petits et clairs et son visage enfantin. Sans cesse vêtu de noir, toujours le sourire aux lèvres. Elle ne le connaissait pas, mais au fond elle savait qu'il était comme elle. Elle n'avait qu'à lire ses chansons et le regarder se comporter avec les autres. Il était joyeux, taquin, souriant et pourtant ses pensées étaient d'une tristesse, d'un regret, qu'elle seule semblait comprendre. Elle lisait sa propre vie à travers ses lignes, et c'est la première chose qui la saisit toute entière. Mais elle aimait mieux quand il les chantait. Des éclats dans ses yeux jusqu'à sa voix qui craque, elle remarquait tout, aimait tout, et chacun de ses défauts étaient une merveille, comme une larme mise à découvert. Sa voix s'accompagnait si bien au piano, au cosmos et toute autre évasion. Elle l'idolatrait ce bel inconnu, comme personne sur
cette Terre.
