Il est 3h01 et l'envie me prend de bafouiller quelques mots comme à mon habitude. Un verre de lait, une crêpe au chocolat, une chanson, et la solitude. Je me sens bien. C'est vrai que je culpabilise à l'idée d'être la seule sur terre à être toujours réveillée -bien qu'évidemment, c'est loin d'être le cas- mais ce moment est celui que j'apprécie le plus. Je tuerais si je n'avais pas le droit d'être paisible, ne serait-ce qu'une misérable fois par jour. Voyez, vous n'avez pas à répondre à ce portable qui ne cesse de vibrer, vous n'avez pas non plus à vérifier l'heure sans cesse, vous n'avez pas de responsabilité à remplir, vous n'avez pas à penser pour les autres, ni à affronter ces questions, vous n'avez pas non plus à être disponible, vous n'avez pas besoin de parler, de prétendre ou de vous montrer souriant. Vous êtes simplement là, à pratiquer des activités futiles qui vous font perdre votre temps qui semble lui-même ne plus exister et c'est tout ce qui importe. C'est sûrement la chose qui agrandit ce fossé entre vous et moi, mais je n'en ai que faire. Je me battrai contre votre arrogance sans insolence, comme on le fait dans mon Monde. Voilà, il est maintenant 3h34.
