C'est comme si mon avidité de réussite m'apportait préjudice. Ils me reprochent sans cesse de ne pas faire de choix, ne serait-ce que les plus insignifiants. Ils ne comprendraient pas si je leur disais que toutes les décisions que j'ai prises jusqu'ici n'étaient pas les bonnes, si je leur expliquais cinq fois, dix fois, cent fois, que je n'ai jamais su garder ce qui comptait le plus auprès de moi sans raison apparente, si je leur montrais que je n'excellais que dans des choses stupides et que j'échouais lamentablement dans ce qui me passionne, si je leur confiais ma hantise d'être une incapable. Vous n'avez toujours pas l'air de comprendre, je suis une bonne à rien. Le truc, c'est que ça n'est pas de la sous-estimation, les résultats parlent d'eux-mêmes et leurs regards empestent le mensonge. Bon d'accord, je ne suis pas un débris -il y a bien pire-, mais il y a tant de fois où je pouvais mieux faire. C'est si frustrant. Alors voilà, j'ai fait un pacte avec le diable. Cette année sera déterminante.
Somebody take me away, 'cause I can't take this pain.
