C'est sur le chemin du retour, redressant la tête, qu'elle titube, qu'elle réalise. C'est terminé. Tout ce temps où elle pensait faire du sur place, où elle soufflait en pressant le pas, était important. Elle passe sa vie à bâtir, démolir, construire, anéantir, prendre, perdre, essayer, réessayer, recommencer. Elle n'était pas vraiment seule, pas autant qu'aujourd'hui. Qui l'attendrait maintenant pour manger avec elle, ou simplement pour passer du bon temps? Qui se plierait en quatre pour la faire rire? Qui la ferait se sentir importante, lui permettrait d'être naturelle? Qui la sortirait le soir, la protégeant de la nuit? Ils étaient là, même quand ils étaient loin. Maintenant, les pièces sont neutres, les placards vides, les surfaces propres, le cœur plein.
