Moi, je ne parle jamais d'avenir, parce que je sais qu'il ne sera pas radieux. Vois-tu, la réalité c'est qu'on finit presque tous par s'engouffrer dans la normalité car elle est une véritable prison dorée. Mais bon, il paraît qu'on manque de courage et de volonté. Notre âme marginale ne compte en rien, mais on s'efforce à s'y complaire car d'une certaine manière, il le faut. Je suis lasse de ce que tu me renvois. Un visage tiraillé, abîmé par l'usure, par ta faute et par celle du temps aussi. Un sourire aigrit, forcé par la dureté de tes réels sentiments qui ne font qu'être exploités. Ces yeux, mais regardez-moi ces yeux! Fuyard, et aussi mélancoliques que vides de sens. Tu trouves ton réconfort dans la nourriture, même si elle te rend laide parfois. Mais qu'importe, quand tu manges, tes méninges s'apaisent un peu et tu te sens vivre un peu moins, et c'est tout ce qui compte actuellement. Vivre moins.
