Tu dis que ça n'est qu'une question de temps, qu'un jour tu finiras par te lasser d'observer chacun de ses faits et gestes machinalement, car tu as déjà vécu toutes ces situations auparavant. Tu dis pouvoir passer au dessus de la souffrance car elle n'existe pas vraiment. Tu racontes que tes larmes ne coulent que par solitude et qu'il n'y a rien de dramatique. Parfois, tu dis avoir oublié son visage et tu t'efforces de ne plus y penser mais celui-ci apparaît toujours dans tes rêves. Ou devrais-je dire cauchemars? Un jour, on t'a dit qu'on pouvait voir de la souffrance au creux de ta pupille. Souviens-toi, son air était suspect et assez inquiétant sur le moment. Tu as mis du temps à saisir cela, mais tu penses désormais comprendre ce que tu caches vraiment. Mais tout ça n'est pas grave, tant que rien n'est éternel. Tes pensées t'effraient, et le vide aussi. Le silence est devenu torture, et même ton entourage ne traîne plus dans les alentours. Tout s'est envolé, partit en fumée, comme si rien n'avait réellement existé, comme si l'illusion t'avais bernée. Le pire dans tout ça, c'est que tu es incapable d'exploser ta colère, alors tu t'isoles et tu prends conscience qu'on finira juste par te remplacer. Saurais-tu simplement exprimer ta honte? Tu es bloquée dans cette pièce entre Toi et toi, et c'est toujours Toi qui gagne.
