On reprochait souvent à Anna de trop se fier aux regards des gens, de ne vivre qu'à travers eux. C'était bien vrai, mais se soucier de l'image que l'on donne, c'est en quelques sortes penser aux autres, non? Je veux dire, apparaître agréable devant quelqu'un, c'est un peu une manière d'être avenant. C'est prendre en compte qu'autrui vit avec nous. Bref, Anna était comme ça. Elle ne pouvait pas sortir sans une pointe de maquillage, une tenue féminine et un beau sourire. C'était simple, si quelque chose allait de travers, elle décidait d'hiberner chez elle. Il faut savoir qu'Anna était également toujours dans sa quête identitaire interminable. Elle savait que la vie dont elle rêvait ne pouvait se manifester que si elle s'en donnait les moyens, mais de quelle vie rêvait-elle vraiment? Ou encore, de quoi était-elle capable? Anna n'a jamais été débrouillarde et je crois bien que c'est là son pire défaut, celui qui serait capable de gâcher sa vie. Réaliser ses rêves demande du courage.
