Nous nous téléphonions, tels les amoureux que nous étions il y a quatre ans. Durant ce moment, nous étions d'éternels complices exerçant leur passion interdite. Nous avions tout oublié. La haine, les autres, la rancœur, l'amertume, la pudeur, le temps, les larmes. Notre conversation était simplement passionnée, et tellement regrettable à la fois. Tantôt à ressasser nos meilleurs souvenirs, tantôt à se sentir frustrés de ne pas pouvoir en créer de nouveaux. Tu as toujours été là, à te promener dans mon cœur comme moi je me ballade au creux du tien. N'ayant jamais connu la fin, si nos yeux avaient le malheur de se recroiser un jour, nous ne résisterions pas à la tentation dévorante. Nous le savions trop bien tous les deux. Pourtant, cela pourrait bien prendre cinq ou dix ans encore, mais notre Destin était de rester ensemble, coûte que coûte, c'était certain. Nous avions chacun nos regrets et nos remords inconsolables et nos esprits s'emplissaient sans cesse d'illusions. Tout ce qui importait aujourd'hui, c'était d'apporter des réponses à nos questions, mais qui de nous a le plus peur du résultat? Moi, j'ai peur qu'on mette terme à ce jeu de séduction, à ces rêves, à cette Histoire. Roméo cherche, Juliette fuit.
